La Ministre Glatigny s’attaque à la pénurie d’enseignants ainsi qu’au niveau d’apprentissage
Pouvez-vous vous présenter, surtout du point de vue politique : études, carrière, mandats et fonctions jusqu’à présent ?
Je suis originaire de la région de Marche-en-Famenne en province du Luxembourg et j’habite aujourd’hui à Auderghem. J’ai décroché un master et l’agrégation en philosophie - donc je peux enseigner - de même qu’un diplôme d’études complémentaires en éthique biomédicale. Donc à la base ma formation est celle d’enseignante.
J’ai d’abord eu une première expérience en tant qu’enseignante. Puis je me suis tournée vers le journalisme et ensuite vers la politique, comme conseillère aux Affaires étrangères belges, au sein du Cabinet de Louis Michel. Trilingue, j’ai ensuite travaillé à la Commission européenne avant de rejoindre le Parlement européen, où j’ai occupé pendant toute ma carrière le poste de cheffe d’unité au sein du groupe politique libéral, puis de conseillère du Président du Parlement. En 2019, je me suis présentée aux élections en tant que première suppléante sur la liste européenne du MR. En septembre de la même année, j’ai prêté serment en tant que ministre de l’Enseignement supérieur avec comme autres compétences l’Enseignement de Promotion sociale, la Recherche scientifique, les Hôpitaux universitaires, l'Aide à la Jeunesse, les Maisons de Justice, la Promotion de Bruxelles, la Jeunesse et le Sport. J’étais donc déjà Ministre en Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) sous la précédente législature.
En 2024, j’ai tiré la liste du MR pour les élections fédérales à Bruxelles et j’ai été élue députée à la Chambre des représentants. Le 16 juillet 2024, j’ai prêté serment comme Première Vice-Présidente du gouvernement de la FWB et ministre de l’Éducation et de l’Enseignement pour Adultes. Une compétence que j’exerçais déjà précédemment.
On veut inciter un choc de simplification administrative, en essayant par exemple de limiter le nombre de circulaires

« Nous devons faire face à un phénomène d’autocensure de la part des enseignants de plus en plus prégnant. Certains enseignants n’osent plus aborder différents thèmes comme l’histoire ou des faits scientifiques », explique Valérie Glatigny
Quelles sont exactement vos responsabilités actuelles en tant que Première Vice-Présidente et Ministre de l'Éducation et de l'Enseignement pour Adultes, en charge de la Promotion de Bruxelles ? Quels collègues sont également responsables d’autres domaines dans le secteur de l’enseignement en FWB ? Essayez-vous de mettre en œuvre une politique commune ?
Depuis le 16 juillet 2024, date de ma prestation de serment, j’exerce différentes compétences au sein de la FWB :
- Je suis d’abord Ministre de l’Education (pour l’enseignement maternel, primaire et secondaire) ;
- Je suis aussi Ministre de l’Enseignement pour Adultes ;
- Je suis également chargée de la Promotion de Bruxelles et, en tant que Vice-Présidente de la FWB, je collabore, coordonne et gère les différentes compétences du Gouvernement au nom de mon parti aux côtés de la Ministre-Présidente Elisabeth Degryse (Les Engagés).
Donc je suis la représentante de mon parti pour les compétences des autres ministres libéraux afin d’assurer que celles-ci sont bien conformes à notre feuille de route gouvernementale et, en son absence, je remplace la Ministre-Présidente. Je joue également un rôle de relais politique vis-à-vis des autres entités fédérées et représente mon parti au sein du Gouvernement pour garantir le bon suivi de notre feuille de route tout au long de la mandature.
Bien entendu, il y a une complémentarité avec le travail de la Ministre-Présidente Elisabeth Degryse, puisque outre le fait que je suis sa Vice-Présidente, elle est en charge des Bâtiments scolaires et c’est vrai qu’il y a une coordination à ce niveau-là. Madame Degryse est en charge de l’Enseignement supérieur (que je suivais précédemment et on sait qu’il y a beaucoup de liens entre l’enseignement obligatoire et l’enseignement supérieur, ne fût-ce qu’au niveau de la réforme de la formation initiale des enseignants, une compétence qui est à cheval entre l’enseignement supérieur et l’enseignement obligatoire), du Budget, de la Culture, des Bâtiments scolaires, des Relations internationales et des Relations intra-francophones.
Jacqueline Galant (MR), qui est du même parti que moi, est pour sa part chargée des Sports (en ce compris les infrastructures sportives), de la Fonction publique, de la Simplification administrative et des Médias. Elle exerce également la tutelle sur WBE (Wallonie-Bruxelles Enseignement), qui est le réseau officiel d'enseignement organisé par la FWB, et nous travaillons dès lors en étroite collaboration.
Evidemment, il y a deux collaborations puisque WBE est un pouvoir organisateur très important. C’est tout le réseau officiel, donc c’est une grosse partie de nos établissements. Et comme elle est également en charge de la politique sportive, on a souvent des échanges autour de la pratique du sport dans les écoles.
Une autre priorité sur laquelle je collabore avec la ministre Galant, c’est la simplification administrative. On veut donner plus de liberté et plus d’autonomie aux établissements en incitant un choc de simplification administrative. On essaie par exemple de limiter le nombre de circulaires.

L’École fondamentale spécialisée L’Arbre Vert à Mons recevra 2,47 millions € de subventions européennes pour intégrer des critères stricts en matière de transition écologique et d’accessibilité.
À quoi attachez-vous en général le plus d’importance dans votre approche de l’enseignement ? Qu’est-ce que vous trouvez particulièrement important vous-même, qu’est-ce que vous voulez accentuer dans votre politique ?
Ce qu’on souhaite avant tout faire, c’est augmenter la qualité de notre enseignement. On sait que notre enseignement est très bien financé si on le compare avec d’autres pays, mais les résultats ne sont pas forcément à la hauteur, avec des résultats qui ne sont pas bons dans les enquêtes internationales comme les tests PISA, TIMMS et PIRLS qui évaluent les compétences de base de nos élèves.
L’un des grands oublis en termes de renforcement de la qualité de notre enseignement est l’aspect pédagogique des apprentissages au sein des référentiels. On veut mettre l’accent sur la qualité des apprentissages, en particulier les apprentissages de base : lire, écrire, compter. J’entends notamment y travailler en instaurant le test "CLÉ" qui a pour vocation d’évaluer les acquis des compétences de 3e primaire, donc vraiment les compétences de base afin de détecter et de remédier aux difficultés des élèves dès le plus jeune âge et éviter ainsi qu’elles se reportent à plus tard. J’ai vu comme Ministre de l’Enseignement Supérieur que, souvent, les étudiants échouent dans le secondaire parce qu’il y a un problème de compétences de base. Comprendre une phrase en français, savoir lire un graphique, savoir comparer deux graphiques,… ce sont des compétences qu’on apprend normalement dans les cours de Mathématiques ou de Sciences et qui doivent être des compétences de base. Donc ça c’est vraiment la chose la plus importante au niveau de la qualité de l’enseignement.
On essaie aussi de travailler sur la relation entre l’école et la société. On veut qu’il y ait plus de respect envers nos enseignants, qui sont des figures d’autorité et des professionnels de l’éducation, y compris de la part des élèves, vis-à-vis desquels on essaie de susciter davantage de sens de l’effort. On travaille donc sur le contrat entre l’école et la société.
Pour renforcer les apprentissages, nous devons nous assurer qu’il y a un enseignant dans chaque classe ! C’est donc une autre grande priorité de mon mandat que de revaloriser le métier d’enseignant tout en modernisant le statut afin de renforcer l’attractivité du métier et ainsi lutter contre la pénurie de profs dans les classes. Voici quelques-uns des différents chantiers lancés depuis le début de la mandature :
- la revalorisation du métier d’enseignant et la modernisation du statut pour renforcer l’attractivité du métier,
- le baromètre du respect,
- la revalorisation de l’enseignement qualifiant,
- un choc de simplification administrative pour renforcer l’autonomie des écoles,
- remettre l’apprentissage des langues au cœur du parcours éducatif,
- l’interdiction de l’usage récréatif des smartphones,
- et mettre le numérique au profit des apprentissages.

L’École fondamentale spécialisée L’Arbre Vert

L’École fondamentale spécialisée L’Arbre Vert

L’École fondamentale spécialisée L’Arbre Vert

L’École fondamentale spécialisée L’Arbre Vert

L’École fondamentale spécialisée L’Arbre Vert

L’École fondamentale spécialisée L’Arbre Vert
Votre attaché de presse Monsieur Pierre-Benoît Sepulchre nous a donné des chiffres récents sur le nombre d’écoles, d’élèves, d’enseignants et de personnes en activité dans un établissement d’enseignement, un internat, CPMS (centres psycho-médico-sociaux) ou CDPA (Centres de Dépaysement et de plein air) en Fédération Wallonie-Bruxelles (voir cadre). Pouvez-vous nous donner encore d’autres chiffres intéressants ?
Un chiffre clé c’est qu’en 2022, la FWB a consacré 9,7 milliards € à son système éducatif. Les indicateurs de 2024 montrent que ces investissements publics ont encore augmenté au cours des 5 dernières années, avec une hausse particulièrement notable dans l’enseignement spécialisé (+ 36,3%). Et pourtant, nos résultats restent mauvais : au test TIMMS 2023 (Trends in International Mathematics and Science Study), les Belges francophones se classent 40e sur 59 pays et 6 entités régionales évalués en ce qui concerne les acquis en 4e primaire en mathématiques et en sciences. Retenons surtout de ces chiffres que notre système éducatif est l’un des mieux financés de l’OCDE (l’Organisation de Coordination et de Développement Economiques) et pourtant nos résultats aux enquêtes internationales (PISA, PILRS, TIMSS) restent mauvais. Donc il est vraiment essentiel de concentrer notre énergie sur le renforcement des apprentissages de base pour y remédier.
Quels sont les questions brûlantes et les problèmes les plus urgents dans votre domaine ? En Flandre par exemple il y a une pénurie d'enseignants dans les écoles secondaires et le niveau d’apprentissage des étudiants diminue.
C’est la même chose chez nous. Tout comme en Flandre, nous faisons face à une pénurie d’enseignants et à un niveau d’apprentissage en baisse (qui se vérifie année après année dans les tests PISA, TIMSS ou PIRLS).
Une autre priorité est donc de lutter contre cette pénurie d’enseignants. On a déjà pris des mesures budgétaires pour ça, par exemple créer des pools de remplacement. On avait deux pools de remplacement, maintenant on en a quatre. Ces enseignants « volants » peuvent ainsi remplacer des enseignants absents dans les écoles.
La deuxième difficulté est qu’il y a moins de respect qu’auparavant envers les enseignants. Il y a aussi des profs qui s’autocensurent et qui n’osent plus aborder certaines questions comme la théorie de l’évolution (des faits scientifiques) ou l’histoire de la Belgique parce qu’ils ne savent pas comment évoquer l’histoire coloniale. On n’ose plus parler de la Shoah et du conflit entre Israël et le Hamas dans certains établissements. Dû à toute une série d’éléments, les enseignants ont peur ou sont victimes de pressions et préfèrent ne plus parler de certains thèmes
Il y a encore un troisième aspect : la FWB fait face à un déficit chronique qui est chaque année supérieur au milliard € ainsi qu’à une dette colossale de 14 milliards €. Cette situation nous contraint par exemple à emprunter pour couvrir une partie des salaires des enseignants. Nous devons donc stabiliser notre déficit pour préserver les missions essentielles de l’enseignement.
Valérie Glatigny a initié le « Baromètre du respect » en septembre dernier, une première en Fédération Wallonie-Bruxelles
Comment voulez-vous résoudre ces problèmes ? Quelles mesures avez-vous déjà prises (par exemple l’interdiction d'utiliser le téléphone portable à partir de l'année scolaire 2025-2026) et souhaiteriez-vous prendre dans un avenir proche ?
Pour lutter contre la pénurie d’enseignants de nombreuses mesures sont envisagées qui visent à améliorer l’attractivité du métier tout en luttant contre la pénurie de profs dans les classes. Parmi celles-ci, il y a la revalorisation du métier, la création d’un CDI pour stabiliser les enseignants débutants dans le métier, une revalorisation barémique, l’aménagement du début et de la fin de carrière, la valorisation de l’expérience acquise pour les enseignants de seconde carrière, la simplification administrative, une meilleure prise en compte des nouvelles missions des enseignants (charge mentale) liées aux « nouveaux » besoins spécifiques des élèves (gestion des troubles de l’apprentissage, hétérogénéité des classes) ou encore la lutte contre les extrémismes et l’entrisme religieux dans les écoles.
Pour rehausser le niveau d’apprentissage nous souhaitons évaluer l’élève sur ses acquis en 3e primaire afin de détecter d’éventuelles difficultés au plus tôt et lui offrir un feed-back positif, via ce que nous avons baptisé le test "CLÉ" (pour Calculer, Lire et Ecrire). Celui-ci sera organisé dans toutes les écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles dès la rentrée scolaire 2026-2027. Cette évaluation a pour objectif d’aider les enseignants à offrir un retour aux élèves par rapport aux apprentissages de base, mais aussi à détecter et à remédier aux difficultés éventuelles des élèves dès le plus jeune âge. Un enfant qui ne réussirait pas ce test bénéficiera bien entendu de remédiations ciblées, en fonction de ses acquis et difficultés.
Face à la montée des extrémismes j’ai initié le « Baromètre du respect » en septembre dernier, une première en Fédération Wallonie-Bruxelles. Ce questionnaire a été envoyé à 110.000 enseignants et 10.000 d’entre eux y ont répondu. Sur ces 10.000 répondants, une majorité d’entre eux ont déclaré s’être déjà autocensurés. L’analyse des résultats va nous permettre d’enfin pouvoir objectiver cette problématique et de prendre les mesures ad hoc pour restaurer l’autorité et le respect des enseignants dans les classes. J’ai par ailleurs également initié en décembre dernier un plan de lutte contre les extrémismes.
Pour ce qui est de la situation budgétaire de la Fédération Wallonie Bruxelles, le gouvernement de la FWB s’est dès le début de la législature fixé pour priorité de stabiliser le déficit, prévu à 1,287 milliard € en 2025, avant d’initier une réduction progressive de celui-ci dans les années à venir. Avec un budget où 55 % des dépenses sont absorbées par l’enseignement, majoritairement pour les salaires, les marges de manœuvre sont extrêmement limitées. J’ai assuré que les salaires des enseignants, et l’indexation de ceux-ci, seraient préservés. Pour cette année, des économies à hauteur 110 millions € ont été identifiées. Pour autant, 30 millions € de politiques nouvelles sont également à l’agenda. Parmi les mesures phares, on trouve le gel des dotations à certains organismes parastataux (ONE (Office de la Naissance et de l’Enfance), RTBF, CHU - Centre Hospitalier Universitaire - de Liège) qui permettra d’économiser 30 millions €, tandis que la rationalisation des classes du qualifiant en sous-effectif, ou qui font l’objet de doublon, et l’orientation des élèves majeurs vers des formations organisées dans l’enseignement pour adultes, contribueront à éviter de financer des doublons.

L’École fondamentale spécialisée L’Arbre Vert

L’École fondamentale spécialisée L’Arbre Vert
Avez-vous des contacts avec votre collègue en Flandre, la Ministre de l’Enseignement Zuhal Demir ? Et, si c’est le cas, sur quels points de politique ? Prenez-vous parfois des positions communes ou pensez-vous que la situation en Wallonie et à Bruxelles est complètement différente de celle qui prévaut en Flandre ?
Je connais bien mon homologue flamande Zuhal Demir puisque nous étions toutes les deux ministres des Maisons de justice sous le mandat précédent. Mon équipe entretient des contacts réguliers avec son cabinet, notamment pour un échange d’informations ou lorsque nous avons dû gérer la crise sanitaire du Covid sous la précédente mandature. Lorsque j’ai avancé sur l’interdiction des smartphones à l’école, une réunion entre nos collaborateurs a été organisée, car la Ministre Demir souhaitait également légiférer en la matière.
Dans le même ordre d’idée, j’entretiens également des contacts réguliers avec mon homologue germanophone Jérôme Franssen, qui est ministre germanophone de l’Education, notamment sur l’enseignement qualifiant.
Suivez-vous également de près les nouveaux projets de construction de bâtiments scolaires et grands projets de rénovation d’écoles ? Quels grands chantiers de construction d’écoles sont en cours ou viennent d’être achevés ? Dans quelle mesure doit-on prêter attention à la durabilité, l’économie d'énergie, la circularité,… ? Quelles normes doivent être respectées ?
Pour la réponse à cette question j’ai fait appel au Cabinet de la Ministre-Présidente Elisabeth Degryse, qui est en charge de cette compétence et m’a informé sur le suivi des nouveaux projets de construction et des grands chantiers de rénovation des écoles.
La FWB a un plan pour poursuivre activement la modernisation et la mise en conformité des infrastructures scolaires, afin de respecter les critères de durabilité ou de performances énergétiques. Un milliard €, dans le cadre du plan de relance européen avec des critères très stricts en matière de transition écologique, a ainsi été investi dans la rénovation de bâtiments scolaires déjà lors de la précédente législature. Il y a donc un plan d’investissement exceptionnel de la FWB ainsi que le plan de relance et de résilience européen.
Certains travaux ont d’ores et déjà été entamés. Tous les projets ont une dimension de durabilité : on doit mettre des panneaux solaires et prévoir de l’isolation, il y a des objectifs de ventilation et l’obligation de faire des audits énergétiques, il faut un PEB, on vérifie les normes d’incendie électrique et il y a un volet particulier au niveau de l’inclusion puisque les bâtiments doivent permettre un accès pour les personnes porteuses de handicaps.
Deux exemples de rénovation de bâtiments scolaires sont l’Athénée Royal d’Uccle qui bénéficiera d’une rénovation complète mettant l’accent sur la performance énergétique et la durabilité, et l’École fondamentale spécialisée L’Arbre Vert à Mons, qui recevra 2,47 millions € de subventions européennes pour intégrer des critères stricts en matière de transition écologique et d’accessibilité.
Quel est le budget total de votre gouvernement pour l’enseignement et comment est-il divisé ? Pouvez-vous dire quelque chose sur le programme de soutien financier, des subventions, … ?
La part principale vient de la FWB puisqu’un peu plus des ¾ de son budget général ou un peu plus de 10,7 milliards € sur 13 milliards € en gros (chiffres de 2025) sont consacrés au secteur de l’Enseignement (y compris l’enseignement supérieur), de la Recherche et de la Formation. Sur ces 10,7 milliards €, 7,8 milliards € sont consacrés uniquement à l’enseignement obligatoire (du maternel au secondaire). Et 85 % des dépenses de 7,8 milliards €, soit 6,7 milliards € sur l’ensemble du budget, sont dédiés au paiement des salaires des enseignants.
Pour ce qui est des subsides, dans tous ses domaines de compétence, la Fédération Wallonie-Bruxelles aide financièrement et/ou matériellement tant les citoyens que les organisations. Elle intervient notamment dans les domaines de la Culture, de l’Enseignement (allocation d’études, AEF Europe, …), de l’Aide à la jeunesse, du Sport, de la Promotion de la Citoyenneté et de l’Interculturalité, ou encore de la promotion de Bruxelles aux niveaux national comme international. L’ensemble des subventions octroyées par la FWB sont répertoriées dans un cadastre accessible à l’adresse suivante : https://www.odwb.be/explore/dataset/fwb-cadastre-des-subventions-2023/ (dernières données disponibles 2023).
L’équipe de la Ministre Glatigny entretient des contacts avec les cabinets des Ministres Zuhal Demir en Flandre et Jérôme Franssen en Communauté germanophone

« Nous sommes tous transformés par les outils que nous utilisons », sait Madame Glatigny.
Comment voyez-vous évoluer l’enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles (du point de vue des défis sociaux, simplifications administratives, nouvelles formes d’apprentissage et d’éducation (par exemple des écoles Freinet, Steiner, Montessori, …), la digitalisation, l’Intelligence Artificielle (IA), …) ? Quelles sont les tendances principales ?
L’école en FWB est vraiment à un tournant décisif. On est confronté aux défis sociaux, au statut des enseignants, à la pénurie en ce qui concerne le personnel enseignant, à la simplification administrative, à la qualité des apprentissages et à la digitalisation. En plus, on doit intégrer des pédagogies innovantes. Nous devons conjuguer la qualité des apprentissages et la pénurie d’enseignants, tout en anticipant les défis de demain, comme la baisse de la natalité.
Il y a un tournant après le Covid et pour cela j’ai demandé à mon administration qu’elle vienne avec une réflexion spécifique menée sur la pédagogie. En effet, il s’est passé quelque chose de tout à fait neuf avec le Covid : on s’est rendu compte que le cerveau des jeunes fonctionne de façon différente lorsqu’ils sont toute la journée sur des outils numériques. L’outil transforme l’homme qui transforme l’outil qui transforme l’homme. C’est comme un effet boule de neige. Nous sommes tous transformés par les outils que nous utilisons. Le philosophe gréco-français Cornelius Castoriadis disait : il y a un homme qui va créer et avancer un outil qui mène à transformer l’homme, qui va inventer un nouvel outil. Les jeunes d’aujourd’hui ne sont plus les mêmes que les jeunes d’hier. Leur cerveau est configuré différemment. Il faut donc pouvoir transformer nos pratiques pédagogiques et cela demande des modifications importantes. On ne va évidemment pas remplacer nos profs par l’Intelligente Artificielle, mais il faut que le prof comprenne que le cerveau des jeunes n’est plus configuré de la même façon que le cerveau de nos jeunes précédemment. Donc il y a la nécessité de travailler beaucoup plus sur un apprentissage et une utilisation critique des outils.
Quant aux nouvelles formes d’apprentissage, nous devons intégrer davantage de pédagogies innovantes, actives et adaptées aux réalités du 21ᵉ siècle. L’usage du numérique est une évidence, mais il doit se faire au service de l’apprentissage et ne peut pas être une fin en soi. La numérisation et l’IA offrent des opportunités immenses, notamment en matière d’adaptive learning et d’accompagnement personnalisé des élèves. Nous devons nous y engager avec discernement, en veillant à préserver la dimension humaine de l’enseignement. Nous devons donc mener une réflexion approfondie sur la pédagogie et, notamment, comment intégrer ces outils numériques et ces nouvelles technologiques comme l’IA.
On a un nouveau référentiel qui s’appelle Formation annuelle technique, technologique et numérique. La partie technique, technologique et numérique me paraît vraiment fondamentale. Il faut pouvoir travailler sur les nouvelles compétences que l’on a acquises suite à la période du Covid. La pandémie n’était pas quelque chose que l’on a choisi, mais elle a contribué à ce que l’on fasse un pas en avant de dix ans en termes d’enseignement numérique. La période Covid a engendré des choses très intéressantes et beaucoup moins intéressantes. Par exemple, on a bien compris la dimension psychologique pour les jeunes d’être privés de contacts directs avec leurs camarades. C’est d’ailleurs pour ça qu’on a interdit l’utilisation récréative des smartphones. On sait que moins de smartphones dans les écoles, c’est plus de copains à la cour de récré.
Il faut donc pouvoir intégrer des pédagogies innovantes et tirer le meilleur des outils numériques, mais en même temps être en capacité de comprendre ce qu’on peut perdre avec les outils numériques en termes d’interactions humaines. Il faut pouvoir intégrer les dimensions positives et négatives des outils numériques, parce que l’outil transforme l’être humain et fait apparaître des potentialités énormes, mais aussi des risques importants (isolement, cyberharcèlement), et priver un jeune de contacts humains est beaucoup plus impactant que priver un adulte de contacts humains. La crise sanitaire du Covid a donc engendré un mal-être auprès de certains élèves dû à leur isolement forcé, mais a également permis d’avancer considérablement dans l’utilisation du numérique (enseignement à distance). Nous devons réfléchir à comment mieux intégrer le numérique avec ses avantages et ses risques.

L’École fondamentale spécialisée L’Arbre Vert

L’École fondamentale spécialisée L’Arbre Vert
Quelques chiffres
Voici les chiffres que Monsieur Pierre-Benoît Sepulchre, attaché de presse de la Ministre Glatigny, nous a donnés :
1. le nombre d’écoles gardiennes, primaires et secondaires en Fédération Wallonie-Bruxelles (2023-2024) :
Enseignement ordinaire :
- Enseignement fondamental (maternel et primaire) : 1.590 en Wallonie, 349 à Bruxelles
- Enseignement secondaire : 389 en Wallonie, 125 à Bruxelles
Enseignement spécialisé :
- Enseignement fondamental (maternel et primaire) : 115 en Wallonie, 41 à Bruxelles
- Enseignement secondaire : 80 en Wallonie, 17 à Bruxelles
2. le nombre d’élèves en Fédération Wallonie-Bruxelles (2023-2024) :
Enseignement ordinaire
- Enseignement fondamental :
- Maternel : 121.678 en Wallonie – 36.447 à Bruxelles
- Primaire : 239.199 en Wallonie – 72.328 à Bruxelles
- Enseignement secondaire : 284.343 en Wallonie, 85.800 à Bruxelles
Enseignement spécialisé
- Enseignement fondamental : 13.803 en Wallonie, 4.417 à Bruxelles
- Enseignement secondaire : 14.849 en Wallonie, 3.225 à Bruxelles
3. Le nombre d’enseignants en Fédération Wallonie-Bruxelles (2023-2024) :
Nombre d’équivalents temps plein (ETP) en activité dans un établissement d’enseignement, un internat, un centre-médico-social (CPMS) ou un Centre de Dépaysement et de Plein Air (CDPA) en janvier 2024 :
- WBE : 24.801
- Officiel subsidié : 36.087
- Libre subsidié : 51.827
Total : 112.716
4. Le nombre de personnes en activité dans un établissement d’enseignement, un internat, un CPMS ou un CDPA en janvier 2024 :
- WBE : 29.216
- Officiel subsidié : 43.056
- Libre subsidié : 61.011
Total : 130.270