La Vallée à Schaerbeek utilise des couleurs pour guider les élèves
« Il y a trois écoles présentes sur place. Nous occupons globalement plus ou moins 2 500m² entre le bâtiment et la cour de récréation, dont 1 500m² de cours de récréation. Notre bâtiment couvre en tout 2 700 à 2 800m². Il s’agit d’un seul bâtiment, qui inclut également une conciergerie. Cette nouvelle construction a été terminée en 2018. Le maître d’ouvrage était la commune de Schaerbeek, l’entrepreneur général était Franki (groupe Willemen) », déclare Jean-Christophe Mathen.
Ce projet a également fait l’objet d’un concours. « Ce qui nous a fait gagner justement ce concours, c’est que nous avons construit en R + 2 (rez-de-chaussée plus deux étages). Le maître d’ouvrage imaginait au départ un rez + 1 (un rez-de-chaussée et un premier étage) parce qu’il fallait ne pas dépasser un bâtiment existant voisin en termes de hauteur ; il fallait se tenir à la hauteur maximale du bâtiment voisin. Mais ça faisait qu’il n’y avait quasi plus de place pour mettre les cours de récréation. On était les seuls à proposer de travailler en R + 2 pour permettre d’avoir toutes les cours de récréation disponibles et donc de prévoir le plus d’espace de récréation », révèle l’architecte.
Son atelier d’architecture a choisi de travailler en bois apparent pour les murs et les plafonds ; il a utilisé du pin et travaillé en CLT. « On a opté de travailler avec du bois parce qu’une étude autrichienne a démontré que la présence de bois au sein d’une école a un effet bénéfique sur le rythme cardiaque, le calme et l’attention des élèves, ce qui est particulièrement important dans le cadre de l’enseignement spécialisé avec des enfants qui ont de l’autisme. Tout comme dans l’école communale d’Yvoir, il y a également eu un gros travail sur l’acoustique parce que les écoles en bois nécessitent de pousser très fort les études pour l’acoustique », dit-il.

Ecole La Vallée à Schaerbeek

Ecole La Vallée à Schaerbeek - Vue façade cour

Ecole La Vallée à Schaerbeek - Vue détail
Espaces sanitaires
Les techniques utilisées sont relativement similaires à celles de l’école d’Yvoir. « La Vallée est une école labellisée passive, ce qui n’est pas loin d’une Q-ZEN – 45%, avec aussi une ventilation mécanique double flux avec récupération de chaleur. Il y a également des panneaux solaires photovoltaïques sur plus ou moins 150m² et une toiture végétalisée partout pour la rétention de l’eau en toiture. La Vallée possède deux citernes de 10.000 litres et un bassin d’orage d’environ 70 mètres cubes. Dans les deux écoles on essaie d’ailleurs aussi de porter une attention assez particulière à la qualité des espaces sanitaires. J’estime que les toilettes au sein d’une école doivent être aussi propres et bien entretenues qu’à la maison."
"Pendant tellement d’années j’essaie de pousser pour qu’on fasse des toilettes de très bon niveau afin que les enfants osent au moins aller aux toilettes. En effet c’est un grave problème dans les écoles : tant d’élèves ne vont pas aux toilettes pendant toute la journée parce que ça sent mauvais, parce qu’ils ne se sentent pas à l’aise, parce qu’on peut venir les regarder, …. C’est pourquoi on fait de vraies toilettes fermées. La commune de Schaerbeek a d’ailleurs remarqué qu’on n’avait jamais vu des toilettes aussi luxueuses dans une école. Je dirais que ce n’est pas du luxe ; c’est de la nécessité pour l’hygiène et pour l’apprentissage. Le bon apprentissage et l’hygiène, c’est vraiment important », souligne l’administrateur chez AAM.

Ecole La Vallée à Schaerbeek - Vue demi classe vers rue

Ecole La Vallée à Schaerbeek - Vue couloir classes

Ecole La Vallée à Schaerbeek - Couloir des classes

La présence de bois au sein d’une école a un effet bénéfique sur le calme et l’attention des élèves
Snoezelen (Exploration sensorielle)
Le rez-de-chaussée et les deux étages de La Vallée occupent 2 750 mètres carrés plus ou moins au total ou 770m² par étage. La façade est en brique pour essayer de résister à tous les arbres autour. Il y a un préau couvert au rez-de-chaussée. Cette école a aussi une vraie salle de gym et une salle de psychomotricité en plus ainsi qu’une salle de kiné. Il y a même la possibilité de « snoezelen ».
« On a aussi utilisé le bois en structure et en doublage partout. Tout ce qui est plafonds acoustiques et tous les murs sont en bois sauf le tableau du professeur qui lui reste en plâtre. Les châssis sont en aluminium », indique Jean-Christophe Mathen.
Quand on est dans une classe, on a de grands vitrages, mais la partie ouvrante du châssis est un panneau en aluminium plein et il n’y a pas de vitres. Cela donne sur un moucharabié : de la brique ajourée. En effet dans ce type d’enseignement spécialisé les enfants, si on les laisse tout seuls, peuvent avoir tendance à ouvrir la fenêtre et vouloir sortir. Quand on ouvre, on peut ventiler. On peut entendre le bruit des oiseaux, le bruissement des feuilles et le vent dans les feuilles, mais on ne sait pas sortir pour des questions de sécurité.

Ecole La Vallée à Schaerbeek - Vue salle psychomotricité

Ecole La Vallée à Schaerbeek - Vue hall rez

Ecole La Vallée à Schaerbeek - Vue salle de gymnastique
«Uniquement l’ingénieur Stabilité a fait un peu de BIM. On a travaillé en rez-de-chaussée + 2 pour que chaque niveau corresponde à un type d’enseignement spécialisé. La couleur des sols et des portes a été travaillée pour aider les enfants à se guider dans le bâtiment (à savoir où ils doivent ou ne peuvent pas aller). Notre volonté était que dans tous les espaces, même les espaces de circulation, on a toujours une fenêtre et une vue sur l’extérieur avec des fenêtres qui vont jusqu’au sol pour que les enfants puissent s’orienter et toujours reconnaître où ils sont. C’est également important du point de vue psychologique », indique Jean-Christophe Mathen.
70 pieux
Il avoue qu’il y a eu quelques difficultés sur le chantier. On était sur un remblai (un ancien vallon qui était remblayé sur plus de 15m de hauteur), donc on a dû mettre 70 pieux pour aller rechercher le bon sol ; mais en faisant attention parce qu’il y avait un collecteur principal d’égouttage qui traversait la parcelle en diagonale. Donc certains pieux ont dû être inclinés pour ne pas percer le collecteur.
« Une autre difficulté c’est qu’on se trouve dans une ZICHEE, une zone d’intérêt écologique, dans le parc Josaphat. Donc on a travaillé avec les arbres existants et on a dû faire attention à l’implantation intelligente du bâtiment par rapport aux arbres à maintenir. Si notre atelier d’architecture a une signature, c’est peut-être qu’on travaille des implantations gabarit, on dirait la volumétrie urbanistique des bâtiments pour qu’on ait l’impression qu’ils aient toujours été là et qu’ils soient naturels en fait au sein du site », ajoute-t-il.