L’école du dehors d’Yvoir dispose même d’un chemin didactique de l’eau
L’école fondamentale (maternelle et primaire) d’Yvoir est construite dans le cadre d’un plan de relance européen. Elle soutient des visées environnementales, de circularité et de durabilité vraiment très poussées parce que l’Europe a beaucoup d’exigences de ce côté-là. En Wallonie les nouveaux bâtiments privés doivent être Q-ZEN (Quasiment Zéro Energie) par rapport à la PEB (certificat de performance énergétique) depuis 2021. Pour les bâtiments scolaires dans le cadre du PRR (Plan de Relance et de Résilience européen) on doit être Q-ZEN moins 20%, donc 20% mieux que le Q-ZEN (Q-ZEN -20). À Yvoir AAM atteint même le Q-ZEN – 45%.
« Dans cette école en ossature bois (principalement lamellée collée) on a appliqué un système qu’on appelle ‘poteaux et poutres’ permettant d’avoir une structure qui est adaptable dans le temps. Cela fait partie de réflexions sur la circularité et répond justement aux besoins de pouvoir réaffecter le bâtiment. Cette école maternelle et primaire dispose de 9 classes de 25 personnes, ça fait 225 élèves. Ce nouveau projet remplace deux petites écoles existantes de village. Le terrain lui-même a une superficie de plus de 5 000m² ; la surface du bâtiment est dans les 2 450m². La structure et la construction du bâtiment sont principalement en bois, les châssis sont en aluminium à l’extérieur et en bois à l’intérieur. Les façades sont en fibrociment. Dans une moindre mesure on a également utilisé un peu de béton et quelques autres matériaux », communique l’architecte.

Ecole Communale Yvoir
Son atelier d’architecture avait comparé l’effet si on faisait le bâtiment en traditionnel ou en ossature bois avec la cellulose qui a été utilisée et avec tous les isolants fibre de bois qu’on a mis en place. En effet il fallait savoir quel type de revêtement on allait choisir pour obtenir les meilleurs résultats du point de vue environnemental. L’ossature bois était posée à partir du 17 février et le chantier doit être clôturé pour le mois de juin 2026 afin d’avoir droit aux subventions européennes ; les subsides européens imposent que le projet soit fini à ce moment-là.
Le maître d’ouvrage est la commune d’Yvoir et l’entrepreneur général Kaiser Construct, situé à Hamois à côté de Ciney. Le budget total de la construction avec les cours de récréation et quelques abords est de 5,5 millions d’euros hors TVA et sans les cours de récréation de 4,35 millions d’euros environ. La commune d’Yvoir reçoit 3.053.000 euros de l’Europe pour cette école.

Le système ‘poteaux et poutres’ permet d’avoir une structure qui est adaptable dans le temps

On a multiplié les endroits où on peut enseigner différemment

Ecole Communale Yvoir
TOTEM Building
«On n’a pas travaillé en BIM sur ce dossier-là ; on avait des 3D, mais ce n’était pas du BIM spécifique. On a utilisé TOTEM Building, un outil de gestion et d’aide à la décision pour le caractère environnemental circulaire des constructions qui ressemble un peu au compteur de durabilité GRO en Flandre », nous dit l’administrateur chez AAM.
Son atelier a intégré des énergies renouvelables. « On a une pompe à chaleur et une soixantaine de panneaux photovoltaïques pour la production électrique. On voulait installer 120 panneaux à la base, mais pour des raisons budgétaires on a dû réduire ce nombre à soixante panneaux. En tout cas on a prévu les techniques pour pouvoir accueillir les soixante panneaux supplémentaires aux soixante de base permettant d’être quasi autonome en production d’électricité et de couvrir les besoins globaux en électricité du bâtiment. L’école possède également une grande citerne à eau de pluie avec une capacité de 25 mètres cubes et un bassin d’orage (un tampon pour les très fortes pluies) de 82 mètres cubes. Il y a de la ventilation mécanique double flux avec récupération de chaleur et tout ce qui est éclairage artificiel en led basse consommation », révèle Jean-Christophe Mathen.

Ecole Communale Yvoir

Ecole Communale Yvoir

Ecole Communale Yvoir
L’école d’Yvoir compte trois bâtiments, mais deux réellement : il y a un bâtiment principalement pour les classes avec une surface utile de 1 450m² plus ou moins sur le rez-de-chaussée et le premier étage (rez +1) et un autre bâtiment sur 600 à 700m² (en rez-de-chaussée) avec le réfectoire et la salle de psychomotricité (salle de gym). En fait, il y a encore un troisième bâtiment dans les 100m² (également en rez-de-chaussée) avec un abri à vélo et des locaux techniques (compteurs, poubelles, association des parents). L’ensemble du bâtiment est accessible aux PMR (personnes à mobilité réduite), ainsi que tous les abords. C’est aussi une école qui se veut inclusive.
« Les murs entre les couloirs et les classes sont vitrés parce qu’il y a vraiment une envie de faire participer toutes les classes avec les espaces centraux. Il y a beaucoup d’enseignement par ateliers entre classes et il y aussi une aula d’une centaine de mètres carrés (plutôt pour deux classes à la fois) dans le bâtiment des classes pour exposer les travaux des élèves et organiser de petites représentations théâtrales ou artistiques », indique l’architecte.
Puisque le terrain est en pente on a travaillé beaucoup avec la déclivité – les différences de niveaux - pour former des gradins tant dans l’aula que dans la salle de gym et dans les cours de récréation. Donc on a multiplié les endroits où on peut enseigner différemment.
« C’est aussi une école du dehors, où on peut donner des cours en plein air ; il y a des facilités au sein du bâtiment pur permettre ce concept. Toutes les classes du rez-de-chaussée donnent directement sur l’extérieur. En plus il y a un projet de verger, il y a un étang et il y a aussi ce qu’on appelle « le chemin de l’eau ». En fait on donne à voir l’eau de pluie qui tombe et arrive sur la toiture, qui est récoltée et qui traverse ensuite les cours de récréation pour aller vers l’étang. L’idée est d’avoir un chemin didactique de l’eau », conclut Jean-Christophe Mathen.